Esthétique du sein

L’esthétique du sein dans l’histoire de l’art, est un aspect qui mérite d’être observé et considéré pour mieux comprendre comment la perception de notre corps et celle des autres, à la fois fruit de l’image et au fil du temps art et culture, l’ont évoqué et évoquent. Il existe de nombreuses peintures et œuvres qui ont pour objet le sein féminin.

Cela peut nous amener à réfléchir sur les significations qu’il porte en tant qu’objet qui capte l’attention, ainsi qu’en tant qu’élément d’inspiration érotique. Comme dans le cas de la peinture que cet article prend comme exemple, il existe de nombreux peintres qui mettent en valeur cette partie du corps sans forcer son aspect esthétique, en effet les corps des deux figures sont harmonieux et sensuels. On pourrait dire que c’est une représentation atypique par rapport à l’image de la femme à laquelle nous sommes habitués aujourd’hui. Un signe clair que l’art, en matière d’esthétique, a bien compris ce que la mode n’entend pas prendre en compte, à savoir que les mensurations du sein doivent être en harmonie avec le reste du corps de la femme.

Le sein et l’art L’esthétique du sein dans l’histoire de l’art

L’histoire nous montre comment le sein a toujours été représenté dans le temps en raison de sa valeur, qu’elle soit érotique ou maternelle. Ce tableau du Louvre, d’un peintre anonyme de la fin du XVIe siècle de l’école de Fontainebleau, reproduit sur toile une histoire fascinante en plaçant le sein au centre de l’attention et en le recouvrant de ses deux sens. L’une des deux femmes est une amoureuse du roi de France Henri IV et attend un enfant de lui. Cette combinaison de rôles exprime la puissance du sein à la fois comme symbole de la féminité et de la sensualité et comme emblème de la fertilité. Cette interprétation, si elle est intégrée à la conception qu’une femme a d’elle-même, lui permet d’élargir sa vision de son corps dans toutes ses expressions, esthétiques et autres.

Anna-du-Pire-as-Granida-par-Bartholomeus-van-der-Helst L’esthétique du sein dans l’histoire de l’artLe sein est donc un élément du corps féminin qui peut être soumis à la censure ou à l’exposition, peut être caché ou montré sans vergogne, mais au-delà des conceptions personnelles ou sociales sur l’esthétique, qui changent en fonction des différents moments historiques, la plus belle chose qu’une femme puisse percevoir, c’est que le sein est quelque chose qui lui appartient avant les autres et les conceptions que les autres peuvent en avoir.

Les seins dans l’histoire

Dans de nombreuses sociétés européennes entre la Renaissance et le XIXe siècle, les seins exposés étaient acceptés par la censure, tandis que les jambes, les chevilles ou les épaules nues d’une femme étaient considérées comme audacieuses. Dans le passé, de nombreux artistes ont été fortement influencés par les styles classiques de la culture grecque et les images de femmes nues et semi-nues ont toujours proliféré dans la peinture, la sculpture et l’architecture de l’époque. Dans les milieux aristocratiques et de haute société, la présentation des seins en portraits, invoquant des associations avec la beauté mythologique grecque et une forme de sein classique était souvent considérée comme un symbole de statut, comme un signe d’élégance, de richesse ou de position sociale.

J’invite à réfléchir sur la façon dont les seins, pour qu’ils soient agréables, doivent avant tout faire partie d’un corps conscient des significations de sa féminité qui, entre autres, marie l’érotisme à la fertilité, deux facteurs qu’il ne faut pas séparer, comme si une femme ne pouvait pas intégrer en elle ces deux aspects opposés et complémentaires, mais au contraire étaient très souvent considérés séparément.

La poitrine, donc, avant d’être quelque chose qui sert à faire plaisir à l’autre, doit être un plaisir pour soi, car ce n’est pas une robe à montrer ou à exposer, mais quelque chose avec lequel on se sent bien. La découvrir ou la dissimuler, peu importe, mais certainement pas l’afficher comme symbole d’une féminité qui, là où elle est bien vécue, s’exprimera de la meilleure des manières, sans qu’il soit nécessaire de montrer quoi que ce soit, encore moins avec des excès de forme et de volume.

Par conséquent, tout comme le « soma » (le corps) n’est pas séparé de la « psyché » (l’esprit, l’âme), le sein n’est pas un élément extérieur par rapport au soi, mais une partie fondamentale de l’être féminin dans toute sa complexité. Les multiples facettes de la féminité vont, par exemple, de l’aspect maternel, malheureusement souvent associé à un sein éclaté (référence mentale dont la société devrait se libérer, en réfléchissant au fait que les soins maternels ne passent pas nécessairement par une abondance nutritive), à l’aspect plus érotique, où l’harmonie des formes est d’autant plus sensuelle que la femme se sent à l’aise et consciente de ses particularités intrinsèques et de son unicité.

Un organe mystérieux, voire « centre de la folie » au Moyen Age, à presser pour soigner la folie des femmes malades. La poitrine comme symbole à la fois religieux et profane, métaphore de la pureté et du péché, de la sainteté et de la perdition, de la santé fertile et de la maladie imminente.

Dans les multiples particularités des formes du corps féminin, chaque femme peut peindre, comme si son corps et son sein étaient une toile d’artiste, comme elle le veut, en harmonie avec elle-même, sans abandonner sa féminité aux modes du moment.

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